Une séance en 4 services

Comme convenu, et après un temps nécessaire pour laisser « décanter », je m’essaye à écrire pour tenter de retranscrire ce qui reste en moi de notre dernière séance.

Quelques heures avant de franchir le seuil de votre porte, j’étais encore comme un gamin tout heureux de la perspective de retrouver sa parenthèse enchantée, sa séance de jeux orchestrée par Madame. Avec quelques certitudes de passer un super moment ; et la pointe d’appréhension habituelle et convenue lorsque l’on s’apprête à vivre ce genre de jeux.

Mais une fois le seuil de la porte de la Justice Room franchi, ces quelques certitudes vont être mises en miette.

L’amuse-bouche.

Après une illusion de douceur, je suis cueilli à froid dès mon arrivée. Je frappe à la porte qui s’entre ouvre, mon regard croise celui de la beauté des glaces, Lady Syen, magnifique dans sa longue robe transparente, sourire énigmatique aux lèvres. Cette vision douce et enchanteresse ne durera que le temps d’un éclair : une main puissante m’attrape soudainement le visage, la bouche, le nez, par derrière et par surprise, dans mon dos, m’empêche de voir, de respirer et me fait subitement sortir de l’illusion de douceur que j’avais cru apercevoir dans le regard de la fée des glaces Lady Syen. J’étouffe, je suffoque, presque pris de panique. Je sens alors votre souffle chaud, le cuir de votre tenue contre moi, puis vos yeux vert-bleu se poser sur les miens. Dans ces yeux, je comprends que je vais morfler.

Les 3 premières minutes sur les quelques 120 minutes que va durer cette séance ont déjà brisé mes certitudes d’avant-séance.

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L’entrée.

Une farandole d’humiliations, autour d’un casse tête à résoudre. J’ ai toujours été nul pour résoudre les casse tête; gamin, je les détestais. A croire que vous aviez pressenti cela. Encore habillé, debout, dans l’entrée, à peine remis de mon « comité d’accueil », je reçois l’ordre de résoudre le maudit casse tête : deux cœurs métalliques à emboîter. Je suis chronométré ; plus je passe du temps à essayer de résoudre l’insoluble, et plus ma punition va être sévère m’annonce-t-on. Dans un sourire, Lady Syen prononce le mot de fouet, un mot qui déclenche en moi immédiatement un frisson, précisant qu’il me serait réservé un nombre de coups multiplié par le nombre de minutes passées à résoudre ce maudit casse tête, le tout multiplié par 5, ou peut-être par 30, me dit-elle amusée, le sourire sadique en coin de lèvre. Je commence à avoir chaud, à transpirer, encore tout habillé, sous les moqueries.

Constatant ma gaucherie, pour « m’aider », le casse-tête est enduit de votre salive, pour lubrifier le tout. Pour me motiver, vous me giflez, vous vous approchez de mon visage, vos doigts pénètrent et violent ma bouche, votre bouche viole ma bouche, votre salive viole ma salive; nos salives coulent sur les deux cœurs, luisants, toujours non-emboîtés. Vous me demandez si j’ai soif. Je réponds oui. Vous me faites boire un verre de vin blanc venu directement de votre bouche. Je me sens enivré par la sensation; possédé, pris dans un tourbillon de chaleur, de puissance et d’humiliations. Sensations extraordinaires que celles que vous m’imposez; j’en ressens encore, au moment où j’écris ces lignes, des frissons me parcourir le corps.

Je commence à comprendre que vous avez décidé de faire de moi ce soir votre chose, une petite poupée de chiffon à maltraiter.

Vous m’avertissez alors clairement sur ce qu’il va se produire : « Il ne fallait pas nous solliciter un soir d’Halloween ! Tu te rappelles les safeword ? Dis les moi ! J’espère que tu ne les utiliseras pas ! ».

J’étais bel et bien prévenu. Et vous m’envoyez à la douche.

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Le plat principal.

Sorti de la douche, mis à nu, à genoux, le collier placé autour du cou, vous vous placez derrière moi, Lady Syen devant. Je ne peux m’empêcher de la regarder, de la mater, dans sa robe qui cache à peine son corps. Lady Syen représente pour moi une sorte d’idéal-type, cultivé depuis l’adolescence, de la beauté féminine, blonde, grande, élancée, énigmatique, des yeux bleus perçants et froids, en apparence…Sublimée ce soir-là par sa tenue, la Beauté des Glaces laisse entrevoir des plaisirs inaccessibles. Comme disait Rimbaud, « Devant une neige un Être de Beauté de haute taille ».

Ayant probablement perçu mon trouble face à Lady Syen, vous m’ordonnez, à quatre pattes, le dos cambré, le visage au sol, mais le regard tourné vers elle, vers ses jambes, ses genoux…de la « mater » et de la vénérer.

Tout le bas de mon corps étant rendu vulnérable par cette position, je sens vos doigts parcourir mon dos, mes fesses…puis s’abattre sur elles. Embrassant les pieds de LadySyen, je continue d’avoir, chaud, de transpirer, mon visage dégouline de toutes les inquiétudes, les appréhensions, les plaisir honteux et inavoués.

Et puis…fin des plaisanteries.

Vous m’ordonnez de me lever. Vous m’attrapez fermement pour me conduire vers la croix de Saint-André. Lady Syen d’un côté, vous de l’autre, vous attachez mes bras et mes jambes à La Croix avec des lanières de cuir. Vos gestes sont précis, fermes et déterminés. Vous serrez les lanières. Impossible de bouger. Lady Syen place un bandeau sur mes yeux. Je n’entends plus que vos voix et vos talons sur le sol. Je sens mon rythme cardiaque s’accélérer. Et puis soudainement, le son mat et sec de votre fouet, le serpent, éclate dans la pièce. Mon corps frissonne sans même qu’il ait été encore touché, mon esprit est en train de franchir le mur du son pour atteindre la partie du monde inaccessible où les champs de tous les possibles semblent s’offrir à moi.

Le deuxième coup de fouet claque, pour de vrai cette fois-ci, cinglant mon flanc. Je sens immédiatement cette brûlure si unique m’envahir à la vitesse de la lumière. Et puis les coups tombent, j’entends les sifflements dans l’air, entrecoupés par votre rire sadique, ce rire qui me fait vibrer, autant que votre instrument de torture favori. A travers le son de votre rire, je crois ressentir le volcan qui sommeille en vous. Entre deux coups, vous vous approchez de moi, je sens votre jupe en cuir contre la peau de mes fesses, la chaleur de votre corps contre le mien, vous attrapez mon visage, vous enlevez le bandeau, vos yeux vert-bleu plongent dans les miens. Je n’oublierai pas ce regard. J’y lis votre force intérieure, un mélange de plaisir animal, de sadisme et d’affection pour la petite chose que je suis.

Vous êtes belle; je vous désire secrètement à cet instant.

Vous m’avez laissé le bandeau enlevé. La micro pause est terminée, vous reculez, je soupire, je sais que la danse va reprendre…A travers le miroir qui colle à mon visage, je vous observe avec peur et fascination vous éloigner et brandir votre fouet, me menacer, le faire claquer, me faire sautiller et danser avec. Plus je vous regarde, plus je reçois de coups. C’est terriblement sensuel et rude à la fois. A ce moment là, je vous hais autant que je vous aime. Si je ne devais retenir qu’une scène de toute la séance, ça serait celle-la.

Au bout d’un temps indéfini, je ne suis plus qu’un pantin désarticulté, marqué à vif, enduit de sueur, de peur et de désir, encore attaché à la Croix. Vous me détachez, puis vous m’enveloppez dans vos bras. Je me blottis contre vous, je sens votre corps, votre souffle, votre âme. Je ne peux m’empêcher de retenir quelques larmes qui viennent s’écraser contre votre joue, et glisser sur le creux de vos épaules. Ce moment où tout retombe, où la douceur et le réconforts sont rois, c’est le moment où le temps s’arrête. Ce moment, c’est la vie.

Le dessert.

Vous quittez la pièce, et vous me laissez aux bons soins de Lady Syen. Toujours son sourire énigmatique au coin des lèvres, la Beauté des Glaces n’a visiblement pas l’intention de remettre tout de suite son sadisme raffiné au placard. Elle tourne autour de moi comme une panthère autour de sa proie, rigole, pince mes tétons (mon point faible), se moque de ma bite; puis, subitement, m’assène un coup de genoux dans les parties. Pris par surprise et par douleur, je m’écroule. Je m’en souviendrai longtemps de son genoux sculptural…

Après quelques autres tourments , et afin de m’achever une bonne fois pour toute, vous m’amenez, pour finir, dans la partie médicale de la Justice Room, une première pour moi. Je suis allongé nu, en position gynécologique, sous le regard intimidant de mes deux docteures. En posture humiliante, ce qui me sert d’attribut masculin est observé, ausculté avec sarcasmes et sourires moqueurs. Peu rassuré par le maniement de pinces et d’autres outils contondants, je dois avouer avoir ressenti pour la première fois une forme de plaisir honteux à me retrouver dans cette posture.

La séance se termine. Je repars sous la douche, la peau à vif, l’âme marquée. L’eau chaude ruissèle sur les marques à sang de mon corps, ça brule, mais cette brûlure est divine, sexuelle Je ressentirai plus tard, chez moi, dans mon bain chaud, cette énergie sexuelle décuplée, lorsque l’eau chaude coulera le long de mes cicatrices, mêlée à mes larmes.

Vous avez été, ce soir-là, la combinaison incroyable d’une diversité vivante et agissante dont les actes se condensent, se rencontrent dans une matière qui les subit, qui leur résiste, qui les excite, qui les transforme, qui trompe, qui irrite, et qui finit par combler.

 

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Inanna Justice, Dominatrice BDSM à Paris

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